Chez les tout-petits, l’accident domestique n’est pas un risque parmi d’autres : les accidents de la vie courante sont la première cause de décès des enfants de 1 à 4 ans, rappelle Santé publique France (BEH n° 16, 2021). Ils provoquent plus de 200 décès par an chez les moins de 15 ans, et des millions de consultations. La plupart surviennent à la maison, dans des situations banales.
Quels sont les accidents les plus fréquents chez l’enfant ?
| Indicateur (moins de 15 ans) | Valeur | Période |
|---|---|---|
| Décès par accident de la vie courante | plus de 200 par an | chiffre cité en 2021 |
| Accidents vus aux urgences survenus dans l’habitat | 49 % (dont 80 % à l’intérieur) | 2014-2018 |
| Part des chutes parmi ces accidents | 55 % | 2014-2018 |
| Part des coups (chocs contre un objet, une personne) | 22 % | 2014-2018 |
| Décès par causes externes chez les 1-14 ans | 351, première cause de décès | 2023 |
Sources : Santé publique France, enquête EPAC 2014-2018 (publiée le 22/07/2021) et BEH n° 13 (08/07/2025, données 2023). Relevé du 09/10/2026. Prochaine révision : avril 2027. Notre méthode.
Les chutes dominent en nombre, mais d’autres accidents sont plus graves. Santé publique France relève que les suffocations et les accidents par produits chimiques entraînent une hospitalisation dans 18 % et 19 % des cas, un taux élevé. Chez les moins d’un an, 2 % des accidents sont des brûlures par liquides chauds.
Les fenêtres : un risque sous-estimé
L’étude menée par Santé publique France et l’hôpital Necker en 2013 dans trois régions a recensé 76 chutes de grande hauteur d’enfants en sept mois, dont 62 % chez des moins de 6 ans ; 9 enfants sont décédés. Deux constats de cette étude changent la façon de voir la prévention :
- dans 82 % des chutes, un adulte était présent dans le logement ;
- dans 49 % des cas, l’ouverture était pourtant équipée d’un dispositif de sécurité.
Autrement dit, ni la présence d’un adulte ni un équipement isolé ne suffisent. Ce qui compte : ne jamais laisser un meuble sur lequel grimper sous une fenêtre, bloquer l’ouverture des fenêtres et portes-fenêtres, et ne jamais laisser un jeune enfant seul dans une pièce fenêtre ouverte, même quelques instants.
Intoxications : produits ménagers et médicaments en tête
Selon l’Anses, qui analyse les appels aux centres antipoison sur 2014-2020, les produits de nettoyage et d’entretien sont la première cause d’intoxication accidentelle des moins de 15 ans (29 %), et près de la moitié de ces cas viennent des produits pour le linge, dosettes de lessive comprises. Les médicaments représentent 16 % des intoxications mais 34 % des cas graves. Chez les moins de 6 ans, le monoxyde de carbone est la première cause d’hospitalisation pour intoxication (11 %).
Tout est détaillé dans notre guide intoxications par produits ménagers et médicaments.
Brûlures et noyades : les deux accidents les plus graves des tout-petits
Les liquides chauds (eau du bain, boisson, casserole) sont la première cause de brûlure chez l’enfant. Les enfants de 0 à 4 ans représentaient 28,8 % des personnes hospitalisées pour brûlure en 2014, selon Santé publique France. Pour réagir, consultez que faire en cas de brûlure, avec notre outil d’évaluation.
La noyade, elle, est silencieuse et rapide. À l’été 2025, les moins de 6 ans représentaient 27 % des noyades recensées en France (Santé publique France, bilan publié le 05/05/2026). Lors de la dernière enquête détaillée, en 2021, 70 % des noyades de moins de 6 ans avaient eu lieu en piscine. Voir notre guide noyade en piscine.
Comment sécuriser la maison, pièce par pièce ?
| Pièce | Mesures prioritaires |
|---|---|
| Escaliers | Barrière fixée au mur en haut et en bas |
| Chambres et séjour | Aucun meuble sous les fenêtres ; bloque-fenêtres ; meubles hauts et télévision fixés au mur |
| Cuisine | Produits ménagers en hauteur ou sous clé, dans leur emballage d’origine ; manches de casserole vers l’intérieur ; cuisson sur les feux du fond |
| Salle de bain | Médicaments dans une armoire fermée ; ne jamais laisser l’enfant seul dans le bain ; vérifier la température de l’eau |
| Toute la maison | Cache-prises ; détecteur de fumée ; petits objets hors de portée des moins de 3 ans |
| Extérieur | Dispositif de sécurité de piscine en place et un adulte désigné pour surveiller chaque baignade |
Mesures de prévention synthétisées par la rédaction à partir des constats des sources citées (EPAC 2014-2018, étude défenestrations 2013, Anses 2024). Relevé du 09/10/2026. Prochaine révision : avril 2027.
Le plus efficace reste de faire le tour de votre logement avec notre diagnostic du logement : cochez « un enfant de moins de 6 ans », il n’affiche que les questions utiles et classe les actions par priorité.
Ce que nous ne pouvons pas vous dire
Les données sur les enfants sont anciennes ou partielles. La dernière enquête sur les défenestrations date de 2013 et ne portait que sur trois régions : nous ne connaissons pas leur nombre national récent. Les chiffres des urgences viennent de l’enquête EPAC, menée dans quelques hôpitaux seulement, que Santé publique France ne présente pas comme représentative de toute la France. Nous ne citons donc aucun total national d’accidents d’enfants.
Questions fréquentes
Quel est l’accident domestique le plus fréquent chez l’enfant ?
La chute : elle explique 55 % des accidents d’enfants de moins de 15 ans vus aux urgences dans l’enquête EPAC 2014-2018. Viennent ensuite les coups, puis, chez les plus petits, les intoxications et les brûlures.
À quel âge le risque est-il le plus élevé ?
Entre 1 et 4 ans, les accidents de la vie courante sont la première cause de décès. C’est l’âge où l’enfant se déplace et explore sans percevoir le danger.
Un bloque-fenêtre suffit-il ?
Non. Dans l’étude de 2013, la moitié des chutes sont survenues alors que l’ouverture était équipée d’un dispositif de sécurité. Il faut le combiner avec l’absence de meuble escaladable sous la fenêtre et une vigilance constante quand une fenêtre est ouverte.
Que faire si mon enfant a avalé un produit ?
Gardez l’emballage, n’essayez pas de le faire vomir, et appelez un centre antipoison (01 45 42 59 59). S’il fait un malaise, respire mal ou somnole, appelez le 15.
Sources et méthode
- Santé publique France, BEH n° 16, décès par accidents de la vie courante (26/10/2021), consulté le 09/10/2026.
- Santé publique France, accidents de la vie courante chez les moins de 15 ans, EPAC 2014-2018 (22/07/2021), consulté le 09/10/2026.
- Santé publique France, campagne de prévention des défenestrations (04/05/2017), données de l’étude 2013, consulté le 09/10/2026.
- Santé publique France, BEH n° 13, causes de décès en 2023 (08/07/2025), consulté le 09/10/2026.
- Anses, « Intoxications accidentelles de l’enfant » (03/07/2024), consulté le 09/10/2026.
- Santé publique France, bilan des noyades de l’été 2025 (05/05/2026), consulté le 09/10/2026.
Chaque chiffre de cette page a été relevé sur la source citée à la date indiquée. Prochaine révision : avril 2027. Le détail de notre démarche figure sur la page notre méthode.